vendredi 12 octobre 2012

Au théâtre...


Comment bien éduquer son pangolin

Présentateur : Mesdames et messieurs, amis des bêtes de tous poils, bonsoir/bonjour. Dans le cadre du cycle de conférences sur les animaux de compagnie, nous nous intéressons aujourd’hui à une petite bestiole qui tient une place de plus en plus importante dans le cœur des français. Ses petits yeux noisette et ses tendres écailles vous font tous craquer, je veux bien sûr parler du… (effets, jeu public)… Pangolin. Comment chouchouter son pangolin ? Comment éviter le fameux syndrome de l’obésité du pangolin d’Amérique du nord ?  Comment vivre en harmonie absolue avec les ondes pangoliniennes? Telles sont les questions auxquelles nous allons tenter d’apporter quelques réponses ce soir/ cet après-midi. Pour nous parler du pangolin, il nous fallait bien entendu une sommité pangolinique. Diplômé de la faculté d’Ankh-Morpork en science écailleuse, titulaire de la chaire aux hautes études comportementales des Pholidotés, spécialiste mondialement reconnu des pangolins d’Ouzbékistan Oriental, je vous demande de faire un triomphe au Dr Schmurtz. (clap clap clap) Dr Schmurtz, bonjour !
Dr Schmurtz : Bonjour, Alpaïde, vous pouvez m’appeler Lazarus-Inzardiniep
Présentateur : Lazarus-Ïnzdep donc, je viens d’acquérir un pangolin, comment bien m’en occuper ?
Dr Schmurtz : Lazarus-Ïnzardiniep.
Présentateur : Lazarus-Zardep …
Dr Schmurtz : Ïnnnnnnzarrrr….
Présentateur : Ïnzarrrrrr…
Dr Schmurtz : Dinnnnnnn….
Présentateur : Zardinnnnnn?
Dr Schmurtz : iep !
Présentateur : Diniiii…
Dr Schmurtz :Diniep!
Présentateur (prenant une grande respiration) : Lazarus-Ïnzardiniep!
Dr Schmurtz : Bravo, c’est ça !
Présentateur : Merci, merci. Dr Schmurtz, j’ai un bébé pangolin.
Dr Schmurtz : Un pangolineau.
Présentateur : Si vous voulez. J’ai un pangolineau, comment bien m’en occuper ?
Dr Schmurtz : S’il n’est pas sevré, il faut lui donner des biberons de lait. Utilisez de préférence du lait d’oryctérope, que l’on trouve aisément et à prix modique dans toute animalerie digne de ce nom. En revanche, s’il est sevré, à partir de quatre mois en général, son régime alimentaire est très délicat. Pour que ses écailles soient belles et luisantes, pour qu’il s’enroule correctement, il faut impérativement le nourrir exclusivement de fourmis. Mais pas n’importe quelles fourmis ! Les fourmis géantes d’Ethiopie sont les seules qui conviennent parfaitement à un pangolin domestique. Pour un bon développement, il doit en consommer 5 à  6 kilos par jour. La fourmi géante d’Ethiopie étant plus difficile à trouver que le concombre commun, je vous conseillerais de les élever, à raison d’une à deux fourmilières par mètre cube.
Présentateur : Il est donc déconseillé d’avoir un pangolin en appartement ?
Dr Schmurtz : Évidemment ! Le pangolin élevé en appartement se morfond, ternit, et sombre dans une morosité des plus affligeantes. L’idéal est d’avoir au minimum un jardinet, et de remplir intégralement ce jardinet de fourmilières.
Présentateur : Mais comment obtenir ces fameuses fourmilières ?
Dr Schmurtz : Ce n’est hélas pas ma spécialité. Pour répondre à cette épineuse question, il faudrait faire appel à un spécialiste des fourmis géantes d’Ethiopie. (S’adresse au public) Y a-t-il un spécialiste des fourmis géantes d’Ethiopie dans la salle ? (Cherche du regard, joue un peu avec le public, puis, se tourne vers les coulisses) Monsieur ! (Va en coulisse, se déguise en Spécialiste des Fourmis Géantes d’Ethiopie (SFGE), avec une moustache et/ou perruque tout en parlant) Allons Monsieur, ne soyez pas timide (sort des coulisses comme si on l’avait poussé).
Présentateur : Bonjour monsieur. Êtes-vous un spécialiste des fourmis géantes d’Ethiopie ?
SFGE : (lèvres pincées) En effet.
Présentateur : Fort bien, fort bien. Pourriez-vous nous parler des fourmis géantes d’Ethiopie ?
SFGE : Oui.
Présentateur : Euh…
SFGE : Oui.
Présentateur : Donc euh…
SFGE : Oui.
Présentateur : Professeur, puisque là est votre spécialité, comment élever des fourmis géantes d’Ethiopie ?
SFGE : Tout d’abord, il faut de la terre meuble, un peu sableuse, mais attention, veillez à ce que le pourcentage de mica ne dépasse pas celui de feldspath, évidemment.
Présentateur : Évidemment.
SFGE : Évidemment. Choisissez une reine en bonne santé, pour cela, un test très simple, approchez votre main des mandibules de votre princesse. Si, à la suite de cette manœuvre il vous manque un doigt, votre princesse est trop agressive. Si vous ne ressentez qu’un léger chatouillis, elle ne l’est pas assez. La princesse idéale vous mordra jusqu’au sang et vous enverra éventuellement un petit jet d’acide. Pour transformer votre princesse en reine, enfermez-la par une nuit d’orage dans un local avec une vingtaine de fourmis mâles dopées au pot belge. Si au petit matin vous retrouvez les cadavres des mâles, vous pouvez considérer que l’opération est un succès. Ramassez votre reine épuisée et installez-la confortablement dans la salle du trône de la fourmilière. Bientôt, des milliers de fourmis envahiront cette belle structure. Pour que vos fourmis soient bien noires et gorgées d’acide formique, il va leur falloir suivre un régime alimentaire strict.
Présentateur : Strict ?
SFGE : Strict ! À base de blanquette de veau à l’ancienne.
Présentateur : À l’anci… Pardon ?
SFGE : En effet. Des études scientifiques très poussées ont prouvé que ce plat seul permet de fournir aux fourmis géantes d’Ethiopie tous les éléments nutritifs nécessaires à leur développement optimal.
Présentateur : Mais, Professeur, comment se procurer de la blanquette de veau à l’ancienne ?
SFGE : Excellente question monsieur ! Mais je ne suis pas spécialiste de la blanquette de veau à l’ancienne. Il nous faudrait un spécialiste de la blanquette de veau à l’ancienne. (S’adresse au public) Y a-t-il un spécialiste de la blanquette de veau à l’ancienne dans la salle ? (Cherche du regard, joue un peu avec le public, puis, se tourne vers les coulisses) Monsieur ! (Va en coulisse, se déguise en Spécialiste de la blanquette de veau à l’ancienne (SBVA) tout en parlant) Voyons Monsieur, ne soyez pas timide, tout va très bien se passer (sort des coulisses comme si on l’avait poussé).
Présentateur : Bonjour monsieur, êtes-vous un spécialiste de la blanquette de veau à l’ancienne ?
SBVA : Oui monsieur, Maître Jean-Asmorardicular Granion, spécialiste de la blanquette de veau sous toutes ses formes, mutantes, radioactives, et bien entendu à l’ancienne, que puis-je pour vous ?
Présentateur : Pourriez-vous nous expliquer, cher Maître, comment obtenir une belle blanquette de veau à l’ancienne ?
SBVA : Absolument monsieur. Pour obtenir une belle blanquette de veau à l’ancienne, il faut la servir correctement.
Présentateur : La servir ?
SBVA : Tout à fait. Un milieu aéré et une hygrométrie moyenne de 20% sont évidemment absolument nécessaires. Si ces détails sont négligés, la crème jaunira et les oignons verdiront. Cependant, ce n’est pas suffisant.
Présentateur : Ah non ?
SBVA : Non ! Pour que la blanquette de veau à l’ancienne soit parfaite, il faut la chouchouter, lui amener un peu de vin blanc quand elle a soif, lui proposer des musiques douces, du Mozart ou du Chopin, de préférence, puisqu’elle est à l’ancienne. Pour plus d’agrément, vous pouvez lui proposer quelques carottes et du laurier pour l’arôme.
Présentateur : Ah vraiment ?
SBVA : Oui ! Mais pour que votre blanquette à l’ancienne soit vraiment extraordinaire, l’essentiel est de lui procurer une compagnie agréable. Ainsi, un petit animal lui apportera tout le bien-être nécessaire à son épanouissement.
Présentateur : Avez-vous un conseil dans le choix de cet animal ?
SBVA : Il faut un animal petit et discret. Un pékinois, une vigogne ou un commentateur de match de football sont par exemple à exclure catégoriquement. Après beaucoup d’expériences personnelles, je peux vous affirmer que le pangolin est un choix optimal.
Présentateur : Le pangolin !
SBVA : Exactement, la vue de ses douces écailles remplit la blanquette de veau à l’ancienne de joie et d’allégresse. Pour en savoir plus sur le pangolin, il vous faudrait vous adresser à un spécialiste du pangolin. (S’adresse au public) Y a-t-il un spécialiste du pangolin dans la salle ? (Cherche du regard, joue un peu avec le public, puis, se tourne vers les coulisses) Monsieur ! (Va vers la coulisse, revient en Dr Schmurtz sort des coulisses tranquillement).
Présentateur : Docteur Schmurtz !
Dr Schmurtz : Je vous en prie, Lazarus-Ïnzardiniep!
Présentateur : Je suis sûre que vous auriez encore bien des choses à nous dire au sujet des pangolins mais hélas, le temps nous presse. Avez-vous un dernier conseil à fournir aux amoureux de ces chères petites bêtes ?
Dr Schmurtz : Un seul : si vous élevez un pangolin et des enfants dans la même maison, faites bien attention à ce que les bambins ne confondent pas le pangolin avec un ballon de basket. La confusion est aisée mais le pangolin rebondit beaucoup moins bien !
Présentateur : Merci beaucoup pour vos précieux conseils en matière d’élevage de pangolin, je suis sûr que cela aidera beaucoup de nombreuses personnes désireuses d’élever dans les meilleures conditions possibles leur gentil compagnon.
Dr Schmurtz : Avec plaisir monsieur. Je rappelle au passage que le troisième grand concours d’enroulage de pangolins se déroulera du 5 au 8 juillet dans la charmante commune de Villaines. Il sera retransmis en direct sur internet sur le site www.ilovemypangolin.org, je compte sur vous!
Présentateur : Merci encore Docteur Schmurtz. La semaine prochaine, nous étudierons l’élevage de la limule commune, nous aurons avec nous le Docteur MacFloppung, qui nous parlera de ces beaux animaux de plus en plus en vogue dans nos salles de bain !  Merci à tous, et à la semaine prochaine !

Noir.

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